Ce que personne ne montre vraiment sur la buslife... 🫣
- Yoann Roch

- il y a 14 heures
- 5 min de lecture
Le regard des autres, je l'entends encore. Mais il ne conduit pas le bus et ne m'emmène pas vivre la vie que j'ai choisi!

Il y a une image de la buslife que tout le monde connaît.
Le bus garé face à la mer. Le café fumant sur le marchepied. Le soleil qui se lève sur un paysage désert. La liberté, en un plan.
C'est réel. Je ne vais pas te dire que c'est faux, j'ai vécu ces moments, je les vis encore.
Mais il y a une autre image, celle qu'on ne montre presque jamais. Celle que j'ai envie de te montrer aujourd'hui.
"T'as de la chance"
C'est la phrase que j'entends le plus depuis que j'ai commencé cette vie en 2020
De la chance. Comme si j'avais gagné quelque chose à une loterie dont je n'aurais pas choisi les règles. Comme si un matin je m'étais réveillé dans un bus, par hasard, avec une caméra entre les mains et des abonnés qui regardaient.
Ce que les gens ne voient pas derrière la photo du bus garé face à la mer, c'est le nombre de fois où j'ai douté. Où je me suis demandé si j'avais fait le bon choix. Où j'ai regardé mon compte en banque en me disant que peut-être, la vie d'avant n'était pas si mal.
La chance, ça n'existe pas vraiment. Il y a des choix. Et des choix, ça a un coût.
Le regard qui juge, même sans rien dire...
Quand tu choisis de vivre différemment, tu deviens automatiquement le miroir de ceux qui ne l'ont pas fait.
Certains t'admirent...
D'autres, et c'est ça qu'on ne dit pas, te regardent avec quelque chose entre la curiosité et le scepticisme.
Un regard qui dit : "C'est bien beau, mais ça va durer combien de temps ?"
J'ai appris à reconnaître ce regard. Dans les réunions de famille, dans les conversations avec les collègues, dans ton entourage amical et aussi dans les DM de certaines personnes qui commencent par "c'est cool ce que tu fais" et finissent par "mais t'as pensé à l'avenir ?".
Ce que personne ne montre sur la buslife, c'est le travail intérieur que ça demande. Pas le travail de fabriquer ta propre maison, de gérer les énergies, de savoir où dormir ou de trouver des partenariats, ça, c'est technique.
Je parle du travail de rester ancré dans ses choix quand le monde entier te questionne dessus. < Là sera le véritable challenge...>
La légitimité, ce mot qui fait mal...
Il y a une question que je me pose encore, même aujourd'hui.
Est-ce que j'ai le droit ?
Le droit de me dire filmmaker?
Le droit de facturer mes prestations?
Le droit de créer ma marque de vêtement (Inspirée pour les voyageurs) -> infinitYTravel.ch
Le droit de prendre de la place sur Instagram avec ma petite vie dans mon bus?
Le droit d'écrire cet article comme si j'avais quelque chose d'important à dire?
La légitimité, personne ne te la donne. Tu peux attendre le nombre d'abonnés, le bon équipement, la reconnaissance d'une marque connue, ça ne viendra jamais assez tôt pour satisfaire le doute. Le doute se nourrit de tout !!!
Ce que j'ai compris, et que je suis encore en train d'apprendre, c'est que la légitimité ne précède pas l'action. Elle la suit. Tu ne deviens pas légitime avant de commencer...
Tu le deviens en ayant commencé...
Ce que le filtre Instagram cache vraiment...
Sur mon compte, tu vois des paysages, des jolies lumières, des moments qui ont l'air suspendus dans le temps et des rencontres.

Ce que tu ne vois pas :
Les 3 heures passées à chercher du réseau pour uploader un reel Instagram ou TikTok de 1 minutes
Le week-end où j'ai dormi sur un parking de supermarché parce que le gardien à fermé la barrière sans me prévenir.
La police qui joue au chat et à la souris avec ta maison sur roue.(Article en lien)
Le moment où j'ai failli tout arrêter parce ce mode de vie et ultra pénible en période hivernal.
Les matins où l'inspiration ne vient pas, mais où il faut quand même créer quelque chose pour la communauté.
Pas parce que je veux me plaindre. Mais parce que si tu envisages cette vie, tu mérites de savoir à quoi elle ressemble vraiment, pas seulement à travers un filtre ou les jolies images sur les réseaux sociaux.
Alors, est-ce que ça vaut le coup ?
Honnêtement ?
Je ne sais pas si ça vaut le coup pour toi. Je ne connais pas ta situation, tes peurs, ce que tu laisserais derrière toi.
Ce que je sais, c'est que pour moi, la question n'est plus vraiment là. Je ne me demande plus si j'ai fait le bon choix, non pas parce que tout est parfait, mais parce que j'ai arrêté de chercher une validation extérieure à ce choix.
Le regard des autres, je l'entends encore. Mais il ne conduit pas le bus et ne m'emmène pas vivre la vie que j'ai choisi! 🤷🏻♂️
Tu vis une situation similaire ? Tu te poses les mêmes questions sur la légitimité ou le regard des autres ? Écris-moi, par email à news@velvetblue.ch ou en DM sur Instagram. Je lis tout.

En résumé
Vivre en bus, ce n'est pas qu'une question de chance ou de belles photos : c'est un choix qui s'accompagne du regard des autres, du doute et de la question de la légitimité, jour après jour.
Le regard des autres ne disparaît jamais vraiment, mais il ne doit pas conduire à ta place.
La légitimité ne précède pas l'action : elle se construit en avançant.
Envie de découvrir aussi le côté pratique de cette vie ? Je détaille la légalité, le quotidien et les bons plans pour vivre en bus en Suisse dans ce guide complet.
Des questions sur mon quotidien en buslife, mes partenariats avec des marques ou mon matériel ?
Retrouvez toutes les réponses sur la page FAQ de VelvetBlue, ou contactez-moi directement.
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